Prise en charge des cancers du poumon au Luxembourg en 2013 – 2014 : Résultats issus du Registre National du Cancer - Rapport scientifique. (Book)

  • Public Health Expertise
December 01, 2018 By:
  • Couffignal S
  • Jacobs J
  • Saleh S
  • Untereiner M.

Ce rapport présente les principales caractéristiques des patients atteints d’un cancer du poumon, pris en charge au Luxembourg. Il présente également la première estimation nationale des indicateurs de la qualité des soins couvrant le parcours diagnostique et thérapeutique des patients atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules (NSCLC), mesurés en population. Les résultats sont établis à partir de la base de données du Registre National du Cancer (RNC) et portent sur les années 2013-2014.
Entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2014 inclus, 615 tumeurs solides du poumon ont été diagnostiquées chez 604 patients. L’âge médian des patients au moment du diagnostic est de 69 ans (70 ans pour les hommes et 67 ans pour les femmes). 18,7% des patients ont 80 ans et plus au moment du diagnostic.
73,3% des tumeurs solides du poumon de 2013-2014 sont des carcinomes pulmonaires non à petites cellules (NSCLC) et 14,8% sont des carcinomes pulmonaires à petites cellules (SCLC). Les deux principaux sous-types histologiques des NSCLC sont les adénocarcinomes (51,9%) et les carcinomes épidermoïdes (28,2%).
90,7% des tumeurs solides invasives du poumon de 2013-2014 ont eu une confirmation histologique du diagnostic. Le sous-type histologique est identifié pour 88,2% des NSCLC invasifs.
La distribution du stade des NSCLC invasifs au moment du diagnostic est la suivante (classification TNM 7ème édition) : 22,7% sont en stade I, 7,8% en stade II, 24,2% en stade III et 41,6% en stade IV. Les SCLC sont à un stade plus avancé que les NSCLC au moment du diagnostic puisque 74,7% sont des stades IV. Globalement, le stade est indéterminé pour 4,6% des cancers du poumon.
Parmi les patients atteints d’un NSCLC invasif de stade clinique localisé (stades I & II), 70,2% ont été opérés en traitement initial. Parmi ces patients opérés, 13,8% ont reçu une chimiothérapie (néoadjuvante ou adjuvante).
Parmi les patients non opérés, 33,3% ont une reçu une radiothérapie radicale seule & 27,8% ont reçu une radio-chimiothérapie à visée curative, concomitante ou séquentielle, en traitement initial.
Parmi les patients atteints d’un NSCLC invasif de stade clinique III, 35,4% ont été opérés en traitement initial (53,2% pour les stades IIIA et 11,4% pour les stades IIIB). Parmi ces patients opérés, 60,7% ont reçu une chimiothérapie (néo-adjuvante ou adjuvante). Parmi les patients non opérés de stade clinique III, 29,2% ont reçu une radio-chimiothérapie à visée curative, concomitante ou séquentielle, en traitement initial (27,8% pour les stades IIIA et 30,0% pour les stades IIIB). Aucun patient n’a reçu une radiothérapie seule.
Parmi les patients atteints d’un NSCLC invasif de stade clinique avancé (stades IIIB & IV), non opérés, 82,7% ont reçu une bi-chimiothérapie à base de platine en 1ère ligne. Globalement, 95,5% des patients de stade clinique avancé, non opérés, ont reçu un traitement systémique anticancéreux (chimiothérapie et/ou thérapie ciblée).
Les résultats obtenus pour certains indicateurs sont conformes aux résultats observés dans d’autres pays européens :
- 31,0% des patients atteints d’un NSCLC invasif ont eu une résection chirurgicale de la tumeur primitive en traitement initial. Cette proportion atteint 70,2% pour les patients de stade clinique localisé (stades I & II). La mortalité post-opératoire est égale à 1,0% à 30 jours et à 4,0% à 90 jours.
- Parmi les patients de stade clinique avancé (stades IIIB & IV) non opérés, la proportion de patients atteints d’un NSCLC invasif de 2013-2014 qui ont reçu un traitement systémique anticancéreux (chimiothérapie et/ou thérapie ciblée) en traitement initial est égale à 95,5%. Par contre, seuls 32,0% des patients atteints d’un NSCLC invasif de 2013-2014, traités par résection chirurgicale, ont reçu une chimiothérapie (néo-adjuvante ou adjuvante) en traitement initial.
Certains indicateurs présentent une progression entre 2013 et 2014, qui devraient se renforcer aux cours des prochaines années, avec notamment, la publication en 2016, par le Conseil Scientifique dans le Domaine de la Santé, des recommandations de bonnes pratiques pour la prise en charge clinique des cancers du poumon et l’élaboration du parcours de soins des patients atteints d’un cancer du poumon par l’Institut National du Cancer, publié en janvier 2018 :
- 19,2% des patients atteints d’un NSCLC invasifs, non opérés, ont reçu une radiothérapie à visée curative (54 Gy ou plus), avec ou sans chimiothérapie, en traitement initial. Ce résultat a progressé pour passer de 15,5% en 2013 à 22,6% en 2014.
- La recherche de mutation des gènes EGFR et ALK chez les patients atteints d’un NSCLC invasif, confirmé histologiquement et de stade avancé (stades IIIB & IV), a progressé entre 2013 et 2014, pour passer de 37,5% en 2013 à 55,8% en 2014. Cette progression devrait permettre de constater également une augmentation de la prescription des thérapies ciblées en cas de positivité des tests.
- La présentation des dossiers des patients atteints d’un NSCLC invasif en Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP) a progressé entre 2013 et 2014 pour passer de 69,6% en 2013 à 80,8% en 2014. Par contre, seuls 47,3% des patients atteints d’un NSCLC invasif ont bénéficié d’une RCP pré-thérapeutique. Pour ces patients, le délai médian entre la RCP et le 1er traitement initial est de 21 jours. Les travaux réalisés dans le cadre du Plan National Cancer, dont la publication en 2016 du concept national pour les RCP en Cancérologie, devraient permettre une amélioration significative de ces résultats.
Les différentes étapes du processus de validation des données relatives aux cancers du poumon de 2013-2014, extraites du RNC pour ces analyses, ont porté sur l’exhaustivité des cas de cancer du poumon, et sur la qualité et la complétude des données collectées. Une attention doit être portée sur la disponibilité, dans les dossiers hospitaliers des patients, des informations relatives au score de performance et aux comorbidités du patient au moment du diagnostic.
Les indicateurs de qualité des soins pour les patients atteints d’un NSCLC devront être régulièrement produits au niveau national par le RNC afin de suivre l’évolution des pratiques cliniques et le niveau d’implémentation des recommandations nationales.
Ce rapport, ainsi que le rapport technique, sont disponibles sur le site internet du Registre National du Cancer : www.rnc.lu

2018 Dec. Luxembourg: Luxembourg Institute of Health (LIH), 2018. 80 p. ISBN 978-2-9199550-0-8 (print) ; 978-2-9199550-1-5 (PDF).
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